La cinquième édition de LASSO Montréal, qui a attiré quelque 43 500 spectateurs, s’est conclue dimanche soir au parc Jean-Drapeau avec Mumford & Sons. Cinq éditions plus tard, une chose semble maintenant évidente : le country a trouvé sa place dans le calendrier estival montréalais ! Ce qui pouvait encore ressembler à un pari lors des débuts de LASSO est aujourd’hui devenu un rendez-vous bien établi. Dans un bilan publié au terme de cette cinquième édition où 18 artistes se partageaient les différentes scènes du parc Jean-Drapeau, La Presse souligne justement que le festival regarde déjà vers l’avenir et envisage au moins cinq années supplémentaires.

Dimanche, c’est Kalsey Kulyk qui lançait la programmation musicale du dimanche à 14 h sur la scène de la PRAIRIE Coors Original. Just Jayne suivait sur la scène LASSO Bell, puis le Québec faisait rapidement son entrée dans la programmation avec Blue Ridge Band.

Blue Ridge Band : De retour à LASSO avec de nouvelles ambitions

À 14 h 50, Blue Ridge Band lançait son passage de trente minutes sur la scène du RANCH Coca-Cola. Pour le trio de Lévis, il ne s’agissait pas d’une première visite; le groupe avait déjà joué à LASSO en 2024. Cette année était toutefois un peu différente pour le groupe : Blue Ridge Band arrivait à Montréal parmi les trois finalistes du concours SiriusXM Top of the Country, présenté en partenariat avec les CCMA. En revenant deux ans après son premier passage, avec un nouvel album en poche et le statut de finaliste d’un important concours national, le groupe démontrait surtout qu’il avait largement dépassé le stade de la découverte québécoise et qu’il était maintenant plus que prêt à s’imposer sur les scènes canadiennes… et internationales !

Classe Moyenne : Une présence québécoise sur la grande scène

Trente minutes seulement, mais une présence significative : le collectif québécois Classe Moyenne se retrouvait directement sur la grande scène du festival au milieu d’une programmation largement nord-américaine et anglophone. Il y avait aussi une autre particularité à cette journée : Zach Chico devait pratiquement changer de spectacle sans quitter le festival. Après avoir terminé avec Classe Moyenne à 16 h 15, il était attendu dès 16 h 40 sur la scène du RANCH Coca-Cola pour son propre concert solo. Vingt-cinq minutes séparaient donc ses deux prestations.

De son côté, la débordante d’énergie et très talentueuse Sorrene présentait des chansons de son album Playin’ To Win lors d’un spectacle aux couleurs country-rock aux Sessions SiriusXM, tandis que Jonah Kagen occupait la scène de la PRAIRIE Coors Original.

Carly Pearce : Entre ses succès et un nouveau chapitre

Carly Pearce a occupé la scène LASSO Bell de 17 h 10 à 17 h 55. La chanteuse américaine demeure profondément attachée aux racines traditionnelles du country et fait partie du Grand Ole Opry depuis 2021. Elle compte également un Grammy, remporté avec Ashley McBryde pour « Never Wanted to Be That Girl ». Mais le véritable élément à retenir de son passage montréalais est ailleurs : Pearce a profité de LASSO pour présenter une toute nouvelle chanson, « Same Circus ». Le timing rendait le moment encore plus intéressant puisque « Honest Woman », son cinquième album studio, paraîtra le 28 août, soit moins de deux semaines après sa performance à Montréal. Le projet comprendra notamment des collaborations, dont une avec Riley Green qui était présent l’an dernier.

Pendant ce temps, Joël Vogt a quant a lui présenté son spectacle aux Sessions SiriusXM dès 17 h 10 où il a partagé des chansons de son nouvel album Pour me trouver. Puis, à 17 h 40, Gab Bouchard prenait le relais sur la scène du RANCH Coca-Cola.

Cameron Whitcomb : Un artiste attendu de plusieurs

À 18 h, la foule s’était rassemblée en très grand nombre devant la scène de la PRAIRIE Coors Original pour le populaire Cameron Whitcomb. Un retour particulièrement intéressant puisque le Canadien originaire de la Colombie-Britannique figurait déjà à la programmation du festival l’an dernier : il revenait donc à Montréal pour une deuxième année consécutive, cette fois avec beaucoup plus de temps à l’horaire au grand bonheur de ses fans !

Son passage permettait surtout de constater à quel point son répertoire s’est rapidement étoffé. La setlist comptait 12 chansons, dont les populaires « Hundred Mile High », « Options », « Bad Apple », « Gasoline & Matches », « Quitter », « Kingdom of Fear » et « Medusa ». Whitcomb a également glissé une reprise de « Teenage Dirtbag » du groupe Wheatus au milieu de son propre matériel. Son écriture s’appuie largement sur des thèmes comme la dépendance, la sobriété et les conflits intérieurs, son premier EP Quitter étant directement inspiré de son propre parcours. Un artiste qu’on aura fort probablement la chance de revoir un peu partout au Québec dans les années à venir, et peut-être même en future tête d’affiche à LASSO ! Pour ceux et celles qui n’ont pas eu la chance de le voir en spectacle, il sera du côté de St-Tite dans le cadre du FWST le 18 septembre prochain.

De son côté, Paige Somerville poursuivait la programmation aux Sessions SiriusXM. Le soleil commençait tranquillement à laisser place aux nuages et à la faible pluie lorsque Turnpike Troubadours montait sur la scène LASSO Bell. Le groupe apportait une importante dose de red dirt country et d’Americana à la programmation. Presque simultanément, Blake Whiten s’installait sur la scène du RANCH Coca-Cola.

Old Dominion : Des habitués qui retrouvent Montréal

À 19 h 55, Old Dominion prenait possession de la scène de la PRAIRIE Coors Original pour l’un des derniers grands rendez-vous du festival. Il s’agissait surtout d’un retour en terrain connu : le groupe de Nashville avait déjà participé à la toute première édition de LASSO en 2022. Les fans présents ont partagé leur joie de les revoir en chantant haut et fort leurs plus grands succès. Le groupe compte notamment neuf titres ayant atteint la première place des radios country et plusieurs milliards d’écoutes en continu.

Mumford & Sons : Une finale qui repousse les frontières du country

Puis, à 21 h, Mumford & Sons est monté sur la scène LASSO Bell pour fermer non seulement le dimanche, mais l’ensemble de l’édition 2026. Le choix du groupe britannique constituait une ouverture intéressante pour un festival country : leur musique navigue davantage entre folk, Americana et rock, mais leur puissance en spectacle correspond parfaitement au format d’une grande scène extérieure.

Après « Run Together », Mumford & Sons a lancé « Little Lion Man » dès la deuxième chanson, avant de faire cohabiter les morceaux plus récents avec des classiques comme « White Blank Page », « Awake My Soul », « Lover of the Light », « Hopeless Wanderer » et « The Cave ». Alors que plusieurs prises de parole ont été faites en français, l’un des moments les plus marquants est arrivé lorsque Marcus Mumford a quitté la scène pour courir à travers la foule. C’est finalement sur leur grand succès de 2012, « I Will Wait », accompagné de magnifiques feux d’artifice, que Mumford & Sons a officiellement conclu LASSO 2026.

Cinq éditions… et ce n’est que le début !

Après cinq éditions, Evenko a dépassé l’étape où il devait prouver qu’un grand événement country pouvait fonctionner à Montréal, et cette 5e édition a justement démontré pourquoi le festival peut continuer à évoluer. Du country traditionnel au pop-country, du red dirt à l’Americana, en passant par le folk-rock et le country francophone : le festival possède suffisamment d’espace à sa programmation pour faire cohabiter plusieurs facettes du genre. Quoi qu’il en soit, LASSO n’a plus vraiment à prouver que le country a sa place à Montréal : le festival peut maintenant se demander jusqu’où il souhaite l’amener !

Merci pour tous ces beaux moments, Evenko et LASSO Montréal.

À l’an prochain !

Article signé par : Vanessa Therrien
Source : La Presse & LASSO Montréal