Auteur-compositeur-interprète passionné, Phil Lauzon est de ces artistes qui marquent bien au-delà des chansons. Authentique, accessible et profondément humain, il se distingue par sa capacité rare à créer une véritable connexion avec son public. Sur scène comme en dehors, Phil Lauzon ne joue pas un rôle : il partage, il raconte et il vit chaque moment avec ceux et celles qui l’écoutent, tant dans une salle comble que dans un festival extérieur. Une proximité indéniable qui fait de ses spectacles des expériences aussi attachantes que mémorables. Nous avons eu la chance de discuter avec lui concernant la vie de tournée, ses spectacles en passant par sa connexion avec le public ainsi que ses projets futurs, le tout afin d’en connaitre davantage sur cet artiste chouchou des québécois.

SUR LA ROUTE AVEC PHIL

Une journée de spectacle débute généralement très tôt le matin. L’équipe de Phil compte entre 7 et 8 personnes selon le type d’événement, ce qui implique de nombreux arrêts tout au long de la journée. Lorsque Phil reçoit les horaires de la logistique et les heures d’arrivée, il planifie le trajet de la journée en fonction de la durée de chaque arrêt et du temps de load-in nécessaire pour chaque membre. Afin d’optimiser l’efficacité, il a adapté l’équipement de tournée pour que tout soit sur des roulettes et s’est procuré un drum supplémentaire afin de faciliter le chargement.

Une fois sur place, le matériel de scène doit être installé par l’équipe. Lorsque le soundcheck est terminé, l’équipe prend une courte pause dans la loge, puis vient le moment de faire le check-in à l’hôtel, de prendre une douche et de se préparer pour le spectacle. « On soupe et il reste parfois 1h de libre avant le spectacle. Certains des gars en profitent pour pratiquer avant le show, et moi j’en profite pour faire un power nap. »

Après le spectacle, Phil prend toujours le temps d’aller à la rencontre du public, un moment qui lui tient particulièrement à cœur. Il apprécie ces échanges avec les personnes qui se sont déplacées pour les voir. Ensuite vient le démontage, puis le retour à l’hôtel ou à la maison, selon l’endroit visité. Certaines journées commencent dès 9 h ou 10 h le matin et se terminent parfois vers 2 h du matin. « Souvent, les gens pensent qu’on arrive au spectacle et qu’on vit la vie de vedette, qu’une équipe s’occupe de tout et qu’on n’a qu’à jouer. En réalité, on installe tout nous-mêmes », explique-t-il.

En plus de leurs instruments et de tout le matériel nécessaire au spectacle, un élément est absolument essentiel au bon déroulement de la soirée pour Phil et son équipe : un item surnommé affectueusement Bertha. « Bertha, c’est un peu le cerveau du spectacle. Si cette pièce-là n’est pas là, rien ne fonctionne. Tout passe par elle : ce qui est programmé, l’éclairage, les étincelles, tous les systèmes sans fil, les branchements de micros. Tout est centralisé pour que chaque élément arrive au bon moment. » Malgré toute la préparation, la technologie n’est jamais à l’abri d’un problème technique. Phil se rappelle d’un moment marquant où, après environ 45 minutes de spectacle, tout s’est soudainement arrêté. « Les gars faisait tout pour essayer de trouver le problème. Pendant ce temps-là, j’ai continué une partie du spectacle a capella. Je me sentais vraiment mal, mais ça a finalement créé un moment magique avec les gens présents. On a vécu quelque chose de vraiment beau et d’unique ce soir-là. » Une fois le problème réglé, le spectacle a pu reprendre, laissant aux spectateurs le souvenir d’une soirée unique et hors du commun.

Certains artistes ont leurs petits rituels avant d’entrer en scène. Pour Phil et son équipe, l’essentiel tourne surtout autour du plaisir et de la camaraderie. Il raconte qu’avant, ils se donnaient des claques au visage pour se motiver et se réveiller avant les spectacles, une habitude qu’ils ont depuis laissée de côté. Aujourd’hui, ce sont surtout des running gags et des insides entre les gars qui prennent la forme de petits rituels, appelés à changer au fil des mois. Rien de figé, rien qui dure depuis dix ans : «  Simplement une gang de gars qui aime avoir du fun ! », dit-il en riant.

UNE CONNEXION AUX QUATRE COINS DU QUÉBEC

Même si l’ambiance est souvent légère et remplie de plaisir, il y a aussi des moments profondément touchants. Phil raconte qu’il y a certaines chansons en show qui le ramènent à l’essentiel, notamment « Because of Yours », une pièce qui parle de persévérance et du fait de ne pas lâcher. En l’interprétant sur scène, il lui arrive souvent d’avoir un nœud dans la gorge à cause de l’émotion. Pendant cette chanson, il demande aux gens d’allumer la lumière de leur cellulaire, ce qui lui permet de voir le public sans être aveuglé par tous les projecteurs. « Ça me rappelle que ce que je vis correspond exactement au rêve que j’avais à 15 ans. J’en profite pour savourer pleinement le moment chaque fois. » Pour lui, entendre une foule chanter ses chansons du début à la fin serait l’ultime récompense. « Ce n’est pas encore arrivé, mais j’ai vraiment hâte de vivre ça un jour ! » Phil entretient une relation précieuse avec son public et sa communauté. Les gens se reconnaissent dans ses paroles, et de son côté, il s’ouvre à eux avec une grande sincérité. « Je leur parle comme si c’était mes amis, ça me fait du bien avec tout ce que je vis. Ça me fait du bien d’en parler, ils me redonnent tellement d’amour ! Souvent après les spectacles, les gens viennent me voir et s’ouvrent à moi, je me sens privilégié de vivre ça avec eux et qu’ils partagent leurs histoires avec moi. » confie-t-il.

Les beaux moments sont nombreux lorsqu’on parcourt les quatre coins du Québec pour vivre de sa passion. Phil prend un réel plaisir à découvrir des régions parfois méconnues de la province. Il se rappelle notamment d’un voyage marquant, en novembre dernier, à Eastmain, une communauté crie située dans le nord du Québec. « C’était tout un trip de 18 heures de route. On l’a fait en deux jours, en montant jusqu’à Matagami la première journée, puis le reste du trajet le lendemain. En chemin, on a découvert des paysages du Québec qu’on ne voit pas souvent, la végétation est différente, c’est magnifique. Les gens étaient super sympathiques, plus réservés, mais tellement accueillants. C’est vraiment un beau métier. » raconte Phil.

SES PROJETS À VENIR

L’hiver peut sembler une saison plus tranquille pour plusieurs, mais on peut dire que Phil et sa gang sont loin de chômer ! Ses deux spectacles, Luke Combs Edition et Bearded Edition, sont actuellement en pleine remise à jour. En parallèle, Phil travaille sur un EP en français qu’il enregistrera avec Martin Aubin de Blue Ridge Band, une collaboration qu’ils souhaitaient concrétiser depuis longtemps. Discret sur les détails, il confirme toutefois qu’une première chanson a déjà été enregistrée. Très fier de cette pièce, il souligne avoir collaboré avec des créateurs issus de différents horizons. D’autres chansons sont également en cours d’écriture. Il explique vouloir y apposer une touche qui lui ressemble, en développant ses idées en équipe, un processus qui donne, selon lui, de très beaux résultats. Cette collaboration pourrait bien le rapprocher du moment tant attendu où le public chantera ses propres chansons du début jusqu’à la fin.

LES QUESTIONS EN RAFALE

Comme l’Agenda Country met de l’avant les événements country à venir en province, nous étions curieux d’en connaître davantage sur Phil Lauzon à ce sujet grâce aux questions en rafale :

  • Si tu pouvais décrire tes shows en 3 mots, tu dirais lesquels ?
    Énergique, authentique, drôle
  • La chanson que tu auras toujours du fun à jouer?
    Wagon Wheels, je ne la joue plus mais c’est la toune qui a changé ma vie à La Voix, et j’aime ça la chanter à ma manière.
  • La chose la plus importante dans ta loge qu’on ne doit pas oublier ?
    Des Vitamin Water ! Je ne bois pas, sur mon rider il y a du Vitamin Water et des Guru !
  • On te donne carte blanche pour faire le show de tes rêves, tu peux inviter 5 artistes avec toi, qui choisis-tu ?
    Luke Combs en premier, Jon Pardy, Chris Janson, Riley Green … et Céline Dion ! C’est un autre style, mais Céline ou Ginette Reno !
  • Es-tu plus un gars de show en salle ou show de festival ?
    Ouf, c’est tough ! Je vais dire festival pour le hype, et salle de spectacle pour le bien-être personnel.
  • La salle de spectacle qui se démarque des autres selon toi ?
    Ils méritent leur titre de diffuseur de l’année, la salle Odyssée à Gatineau c’est vraiment une salle hot ! On est reçus comme des rois. Et le Petit Champlain à Québec, c’est intime, c’est vraiment cool jouer là !
  • Ton festival chouchou, ton coup de coeur ?
    C’est pas un festival, mais quand on a joué sur Grande Allée à l’ouverture des terrasses, c’était vraiment un spectacle de débile !
  • Sur ta bucket list d’endroits où tu aimerais jouer, il y a…
    Je vais garder en tête le FEQ ! Avec ce qui s’en vient, ce serait peut-être possible un jour !
  • À quel endroit les gens peuvent aller te voir au printemps et à l’été ?
    Il y a beaucoup de shows en salle qui s’en vient, les gens peuvent aller voir sur le phillauzon.com ou sur Facebook, on se promène sur la Côte-Nord, Gaspésie, Témiscamingue, Sorel, Sherbrooke qui s’en vient le 20 février, sinon quelques festivals qui sont déjà annoncés !

Consultez la page de l’Agenda Country au cours des prochaines semaines pour ne rien manquer des prochaines annonces de festivals ! Un énorme merci à Phil Lauzon pour son temps.

Article signé par : Vanessa Therrien
Crédit photo : Bronco Expérience Country 2024